11/09/2008

La France veut-elle vraiment scolariser les enfants handicapés ?

(lu sur le café pédagogique)

Trois ans après la loi de 2005, la situation faite aux enfants handicapés scolarisés est-elle satisfaisante et digne ? C'est la question que posaient, mercredi 10, des associations de parents, la Fnaseph, d'auxiliaires de vie scolaire, l'Unaisse et des syndicats (Snes, Snuipp, Sgen).

Depuis 2005, bien des progrès ont été réalisés. La loi a permis de scolariser 80 000 jeunes supplémentaires. Elle a fait passer les AVS de 2 000 à 20 000. Ces avancées témoignent d'une volonté politique que toutes les associations reconnaissent.

Pourtant, trois ans plus tard, la scolarisation relève toujours du bricolage. Les 20 000 AVS travaillent sous des contrats précaires qui varient de 6 mois à 6 ans. Leur temps de travail est tout autant variable, avec une tendance au temps incomplet. Du coup, les rémunérations sont faibles, en dessous du smic, ce qui ne favorise pas le maintien dans l'emploi. Enfin ces emplois débouchent sur un licenciement sans reconnaissance des qualifications acquises. Le pire est l'absence de formation des AVS. En fonction du statut, aucune formation n'est obligatoire pour une partie d'entre eux. Les autres bénéficient de 60 heures annuelles effectuées toujours bien après l'entrée en service. Les parents constatent que l'éducation nationale est la seule institution qui encadre leurs enfants avec des personnels non qualifiés.

Comment en est-on arrivé là ? La croissance rapide de la scolarisation à un moment où le budget se serrait a amené les rectorats à diminuer les temps payés, à recourir à des précaires, à imaginer des temps de travail de façon à tirer le maximum des personnels. Du coup le progrès que représente la scolarisation est mis en danger par ce bricolage perpétuel qui fait fuir les candidats AVS.

Pour sortir de ces conditions indignes, plus d'un AVS sur deux a signé une pétition envoyée à F. Fillon. Ils demandent des salaires à temps plein, des formations, la reconnaissance des acquis (VAE). La professionnalisation, c'est-à-dire la sortie de ce qu'il faut bien appeler du bricolage.

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